VILLERS-BRETONNEUX (80) Happy Days : l'heure est à la mobilisation
Alain Babaut, le président de la communauté de communes du Val de Somme, et Alain Chitrit, l'investisseur qui portait le projet Happy Days shopping - un vaste centre commercial qui aurait engendré la création de près de 500 emplois - ont du mal à avaler la pilule. Alors que tous les indicateurs étaient au vert, que le préfet et le commissaire du gouvernement avaient donné leur aval, le dossier a été refusé la semaine dernière par la commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) tandis que d'autres, présentant moins de garanties selon Alain Chitrit, ont été acceptés. Le président de la communauté et Alain Chitrit sont revenus sur cette décision jeudi soir lors d'une réunion de conseil communautaire.
Pour le promoteur, le problème est d'ordre économique à l'échelle locale, d'ordre politique au niveau national. On dénonce des influences politiques. Pour Alain Chitrit « une main malicieuse aurait retourné la situation la veille » de l'examen du projet. Officieusement, on leur a dit que l'autorisation ne leur serait pas accordée. Officiellement, la décision n'a toujours pas été notifiée alors que tous les autres projets examinés ce jour-là ont reçu le courrier.
Alain Babaut et Patrick Simon, maire de Villers-Bretonneux, ont été entendus quelques minutes avant que le promoteur ne défende son projet devant le jury. Un jury composé de huit personnes, « issues des beaux quartiers parisiens, dit-il, qui ont décidé de l'exécution de votre territoire ». Celui-ci, situé entre Amiens et Saint-Quentin, ne serait pas assez attractif.
Pas de plan B pour le moment
Le seul recours possible consisterait maintenant à saisir le Conseil d'État. « Dans quatre ans, on y sera encore, fait remarquer Alain Chitrit. Au mieux, le Conseil annulerait la décision de la CNAC. Il faudrait alors relancer toutes les procédures.
Que faire des 80 hectares achetés par la communauté de communes ? Aucun plan B n'a été présenté jeudi soir. « Nous devons attendre la notification », a déclaré Alain Babaut. « Les élus décideront de ce qu'ils veulent faire de leur territoire, ajoute Alain Chitrit. S'ils m'associent, très bien. Ils peuvent aussi me congédier. » Dans l'attente de la notification, les élus ont décidé de se mobiliser. Plusieurs actions sont programmées.
La population est invitée à les rejoindre aujourd'hui, à 10 h 30, au rond-point de la sortie d'autoroute à Villers-Bretonneux. Mercredi, les premiers magistrats fermeront leur mairie. Patrick Simon a pour sa part rédiger une lettre ouverte au président de la République. Le document sera distribué au cours de la manifestation et remis aux habitants, à qui il est demandé de transmettre le courrier à Nicolas Sarkozy, à Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce et des PME, et au président de la CNAC.
STÉPHANIE BONNET


Commentaires